22 avril 2008
Si Jesus Maria est réputée pour son patrimoine jésuite classé, cette ville est
également connue pour son atelier de mécanique dans lequel réside
l’homme
aux multiples solutions Citroën d’après-guerre. Cette
semaine, Fernando
est ainsi venu rendre visite à Hachille comme beaucoup
d’autres
d’ailleurs! Seulement voilà, les versions divergent
quant
à
l’exacte teneur du problème. Rien ne va ou tout
va?...L’avenir
parlera, n’est-il pas?...
Carne, le mets
Asado, asado,…C’est le mot inhérent à la culture argentine
et
pour lequel les végétariens pourraient être interdits de séjour dans le
pays!
Nous avons à maintes reprises fait référence à la viande si fondante,
si
goûteuse, de l’Argentine et aux multiples barbecues organisés depuis
notre arrivée.

L’occasion d’un anniversaire, celui de Yann, et de retrouvailles
entre amis, ont donné lieu à la dégustation de la spécialité par excellence.
De
quoi saliver rien qu’avec les yeux…

Malade imaginaire?
Depuis plusieurs jours, nous sommes donc installés au camping municipal
de
Jesus Maria, attendant la visite de Fernando, le mécanicien annoncé comme
le
réparateur des véhicules Citroën. Seulement voilà, durant ces journées
d’attente, les visites de curieux, amateurs de mécanique, ou tout
simplement mécaniciens, auprès d’Hachille, se sont succédées laissant
ses
propriétaires plutôt mal en point!

“Docteur, c’est grave?”...”Oui, très
grave!”….”Enfin, docteur qu’est ce que
j’ai?...Il me semble qu’outre le piston, l’un des coussinets
ne va pas bien. Attention, le moteur pourrait casser.” “Quel est
le
remède?” “Il faut opérer et le remplacer
évidemment!”
Autre visite: “Docteur, on m’a dit que c’était
grave!”...”Ah bon?! Pour moi, la pression est normale.
Plongez-vous
dans un bain d’huile plus raffinée et
adelante!”

Autre consultation: “Docteur, mon nouveau remède: “Mets de
l’huile!” “Oui mais cette huile n’est pas très
recommandée pour le mal d’altitude”…

Chacun y va de son analyse et de son conseil sans jamais avoir le même
verdict!
Depuis quelques mois, Hachille a en effet un problème de piston,
peut-être dû à
une surchauffe du moteur. Un bruit continu rythme donc nos
journées de route
sans vraiment s’aggraver. Nous nous sommes toutefois
posés la question du
remplacement de ce piston avant de retrouver les hauts
plateaux andins et les
très mauvaises routes boliviennes.

Aujourd’hui, après avoir écoutés les uns et les autres, le doute sur la
continuité du périple s’est installé et l’inquiétude s’est
immiscée dans les
entrailles, jusqu’à réflechir à un retour anticipé
d’Amérique du
Sud!
Au final, et après réflexion, advienne que pourra, ce sera Carpe Diem
jusqu’au bout! Chaque kilomètre parcouru est une victoire sur la bête.
Jusqu’où cette tête de cochon nous mènera-t-elle?...
Fan, je suis fan!
Il va sans dire que si Hachille a reçu la visite d’amateurs de
voitures anciennes, le bruit a couru jusque dans les oreilles des adhérents du
club Citroën de Cordoba (50km au sud de Jesus Maria) qu’un Citroën HY de
1969 est installé dans la région. Mais le débarquement de Méhari et 2CV
intialement prévu s’est réduit à la visite du président du club en 2CV
tunée.

Les autres sont apparemment tombés en panne en cours de route. Pas grave, la
rencontre fut amicale. Celle-ci s’est bien sûr terminée par un asado et
la réception de cadeaux à l’effigie du club: calendrier,
porte-clé,
épinglette, autocollants, ou encore pliages en carton de
construction de 2CV.
De quoi réaliser une véritable exposition à notre retour
car depuis notre
départ, Hachille accumule quantité de déclarations
d’amour! De quoi en
faire rougir plus d’un!

Passé jésuite
Entre deux visites pour Hachille, nous avons pris le temps
d’explorer Jesus Maria et Cordoba, dont le passé jésuite en font des
villes à l’architecture magnifique.

Pour l’histoire, il vous faut replonger au XVIIème siècle, époque où les
pères fondateurs de la Société de Jésus sont venus s’installer dans la
région, créant des universités et des églises à visée évangélique.

Suite à des problèmes économiques avec les colons espagnols, les pères ont
construit des estancias pour assurer leur autonomie financière.

Aujourd’hui, trois sites, classés au Patrimoine de l’Humanité par
l’Unsesco, peuvent se visiter. Santa Catalina et Alta Garcia pour leurs
églises, et le musée jésuite national de Jesus Maria. Restauré depuis 1941, le
musée est à l’origine (et jusqu’en 1873, date de son rachat par un
privé), une très grande estancia où les jésuites produisaient du vin, servi à
la table du roi d’Espagne.

Outre la splendeur des bâtiments, les pièces montrent l’usage que
l’on en faisait. Elles renferment aussi une collection d’oeuvres
sacrées et archéologiques, signes de la présence de différentes tribus
indiennes comme celle du Jaguar.

A Cordoba, centre universitaire du pays, ce sont justement les universités
toujours utilisées, qui rappellent la présence des jésuites.

L’un des bâtiments, appelé Manzana Jesuita, occupe pratiquement deux
rues
à lui tout seul et s’éleve majestueusement en plein coeur du
quartier
piétonnier.

Nous avons ainsi déambulé pendant des heures dans la vieille ville, le regard
tantôt à droite pour regarder une église, tantôt à gauche pour admirer
l’ancien siège du gouvernement aujourd’hui reconverti en centre
culturel.

Malgré ses un million d’habitants, on respire tranquillement à
Cordoba.

Un plaisir sublimé par un déjeuner dans une tannière typique argentine et pour
lequel nous avons découvert des spécialités aux noms de Locro ou Humita,
soupes
de maïs mélangées à des légumes ou de la viande.

“Roulez 500km et si le problème est existant, le moteur devrait
lâcher!”. A 1000km plus au nord, avant notre arrivée au désert
d’Atacama, se trouve la ville de Salta. Celle-ci devrait nous accueillir
dans les prochains jours et infirmer ou confirmer le verdict des experts.
Histoire d’un jour, histoire de chaque jour,… cela pour sûr est
encore une autre histoire…